Magie en Martinique : contempler la beauté à son état naturel

Évasion gourmande : évadez-vous en Martinique! 

Magie en Martinique : contempler la beauté à son état naturel
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par foodlavie Mis à jour le 18 déc 2018

Accroché à flanc de montagne, un petit hameau martiniquais donne toute la saveur du charme particulier de cette petite île française. Découvrez toutes les beautés et les splendeurs de la Martinique à travers les yeux de Sophie Lachapelle.

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Une hospitalité légendaire

Si les visages de la Martinique sont nombreux, celui que la plupart des gens connaissent est parsemé de plages et de palmiers. Pourtant, en ce premier jour de voyage, c’est vers l’intérieur des terres que nous nous dirigeons. Notre fourgonnette roule à travers les chemins abrupts et sinueux qui mènent vers le nord de l’île, au pays de Léon Tisgra, dit tonton Léon.

Avant mon arrivée en Martinique, ils étaient nombreux, les gastronomes du Québec, à m’avoir parlé de lui. Premier producteur bio du pays, il héberge aussi les voyageurs, dans son petit hameau composé de maisonnettes, accrochées à flanc de montagne.

À nos pieds, côtoyant les hibiscus et bougainvilliers, les avocats, oranges, bananes, ananas, prunes de cythère, corossols, christophines et citrons doux, poussent à qui mieux mieux. La terre semble nous narguer d’autant de richesses

Au bout d’une heure trente de route, nous parvenons au repaire de Léon. Le chapeau de paille bien planté sur la tête, un immense panier sous le bras. Il revient d’une cueillette dans sa plantation. Il nous accueille avec un sourire éclatant. « Bienvenue à vous. Ici, c’est chez moi, et vous êtes ici chez vous. Alors, on ne fait pas de manières. » Voilà qui donne le ton.

Paysages éblouissants et terres ancestrales

J’avance doucement vers l’immense terrasse de la maison principale. Devant moi, s’étend un paysage d’une beauté étourdissante. Accroché dans les nuages, se déploie le majestueux Mont Pelé, roulant jusque dans la mer des Caraïbes, avec, en contrebas, une luxuriante vallée lovée au cœur de la forêt tropicale. À nos pieds, côtoyant les hibiscus et bougainvilliers, les avocats, oranges, bananes, ananas, prunes de cythère, corossols, christophines et citrons doux, poussent à qui mieux mieux. La terre semble nous narguer d’autant de richesses.

À peine le temps de poser nos bagages que nous voilà repartis pour une visite des terres de Léon. Aujourd’hui aubergiste et agriculteur, il a d’abord travaillé comme machiniste pendant près de 15 ans, avant de tout laisser tomber pour reprendre la culture de son père. Il décide d’y cultiver sa terre dans la tradition du jardin créole, auquel le paternel avait commencé à s’intéresser. « Les béké - les colonisateurs blancs - ont pris toutes les plaines, plus faciles à travailler. Ils ont laissé aux noirs les terres montagneuses, explique Léon. La technique du jardin créole qu’ils ont élaborée se devait de nourrir une large famille, rapidement et sur une longue période. Nous avons développé notre instinct de survie à travers la nature. Aujourd’hui, je veux mettre en valeur ce patrimoine agricole, le savoir-faire que mon père et ma famille m’ont laissé en héritage. »


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C’est ainsi qu’il s’est mis à étudier plus à fond les principes de la culture créole : la rotation des cultures, qui nourrit les terres ; la jachère, qui consiste à les laisser se régénérer, plutôt que de compter sur les fertilisants ; la biodynamique, qui suit les mouvements lunaires pour assurer une croissance maximale et finalement, le compagnonnage des plantes, qui aidera les unes et les autres à proliférer. Le tout forme un savoir-faire aussi riche que complexe, presque intuitif.

Sa plus jeune fille prendra éventuellement sa relève, mais peu à peu. « Quand mon père est décédé, explique Léon, beaucoup de plantes sont mortes. J’ai dû repartir presque à neuf. J’ai donné ma couleur à la plantation et j’ai développé ma propre relation avec la terre. Un jour, ce sera à ma fille de faire de même. »

Alors que notre marche se poursuit, Léon enchaîne sur sa vision du hameau... « J’offre autre chose que ce que l’on trouve dans les resorts, où les gens sont tous seuls dans leur chambre et vivent en parallèle. Je veux que vous rencontriez des gens vrais, c’est ça qui compte. »


LA MARTINIQUE, C'EST AUSSI...        

  • La fameuse route du rhum. Les rhumeries martiniquaises produisent en effet du rhum « agricole », qui contrairement au rhum industriel, est fabriqué non pas à partir des résidus de la production du sucre, mais à partir du sirop de canne lui-même. Il s’agit du seul rhum d’appellation d’origine contrôlée au monde.
  • Plusieurs marchés publics, dont celui de la capitale, Fort de France, où l’on peut trouver une grande variété d’épices, de fruits et légumes de même que des rhums artisanaux aromatisés.

Un apéro prometteur

De retour dans la maison principale, nous nous installons sur la véranda. Au loin, le soleil se fond dans la mer, tandis qu’on nous propose nos premiers verres de planteur, ce cocktail local à base de rhum et de jus de goyave, d’ananas et d’orange. On nous apporte aussi un grand plateau d’acras, ces savoureux beignets légèrement épicés, à base de morue. Nos corps se complaisent dans la chaleur douce et humide de la Martinique. La terre fleure bon l’humus et les odeurs presque sucrées. La nuit s’installe alors que les cuisiniers, aux fourneaux, nous préparent un festin. La soirée est prometteuse.

Durant quatre ans, dans une immense bouteille de verre livrée au soleil, caramboles, raisins de mer, pomme-roses, limes et cannelle ont tout donné. Et ce soir, c’est la dégustation!

Alors que les conversations vont bon train, une panne d’électricité se déclare. Plongés dans le noir, nous nous approchons de la balustrade donnant sur la vallée. C’est alors que se déploie sous nos yeux un spectacle fascinant. Des milliers de petites lumières commencent à s’agiter dans les arbres. Elles sont si nombreuses qu’on dirait des décorations de Noël. Il nous faut quelques minutes avant de réaliser qu’il s’agit de lucioles. Léon nous explique qu’ici, c’est un spectacle quotidien.

Le charme du moment ne s’interrompt que par le retour de l’électricité... et l’appel du ti-punch. La boisson partage avec le planteur le statut de cocktail national. La version de Léon consiste à faire macérer des fruits tropicaux dans du rhum, qui prend alors une couleur ambrée et une riche saveur de liqueur de fruits. Durant quelque quatre ans, dans une immense bouteille de verre livrée au soleil, caramboles, raisins de mer, pomme-roses, limes et cannelle ont tout donné. Et ce soir, c’est la dégustation!

On passe à table!        

L’heure du souper a sonné. Les autres visiteurs de l’auberge se joignent à nous, tout comme Léon et les gars qui nous ont préparé le repas. Notre grande tablée est aussi colorée que la nappe en tissu madras. L’ambiance est bon enfant et les rires fusent tandis qu’on pose devant nous des plats du pays. Au beau milieu trône un vivaneau apprêté avec le célèbre mélange colombo, ce curry martiniquais, hérité de la vaste immigration indienne du 19e siècle. À ses côtés, une dorade meunière, roulée dans la farine et grillée dans du beurre, de même qu’un plat de christophine gratinée. Une casserole de chou à la sauce béchamel vient compléter le tout... Béchamel, gratin, pas de doute, nous sommes bien en territoire français. Nous nous régalons. Et pour couronner le festin : un flan à base de lait de coco, à la texture aussi onctueuse qu’une crème brûlée.

À peine avons-nous terminé la dernière bouchée de flan que résonne à nos côtés le bruit des tambours. Des amis de Léon sont venus nous rejoindre. Il n’en faut pas plus pour que nos hanches se délestent. Nos nouveaux amis martiniquais nous enseignent une danse en ligne plutôt suggestive, où les hommes et les femmes se placent en alternance... « Souké souké! ». Tout le monde chante et le ti-punch est de retour dans nos verres. Après quelques heures à festoyer, je décide finalement d’écouter mon corps... épuisée du voyage et lestée de tant de beauté, je vais retrouver mon lit. Je m’endors au son des tambours, un sourire aux lèvres.


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