Cuisine du Népal : sur la route

Notre collaborateur s'est aventuré à moto dans les quartiers de Katmandou pour découvrir la vraie cuisine népalaise.

Cuisine du Népal : sur la route
par Zeste 20 sept 2018

D’apparences simples, les mets typiques du Népal, comme les momos, n’en demeurent pas moins savoureux. Viande de chèvre, soupe aux lentilles et curry disposés sur la table constitue le lot des repas des familles népalaises. En zigzaguant dans les rues de Katmandou à moto, notre collaborateur Jadrino Huot a eu la chance de rencontrer de nouveaux amis qui lui ont permis de déguster toute la richesse de la cuisine traditionnelle du pays. 

Ma journée se résumait jusque-là à des va-et-vient incessants à dos de moto entre les bureaux d’une compagnie aérienne et d’un comptoir de voyages situés aux extrémités de Katmandou, capitale du Népal. Il reste quelques jours à mon périple et j’aimerais en profiter pleinement, mais deux entreprises se renvoient la balle quant à mon vol de retour... Tout au long de cette valse de paperasses, je suis bien heureux d’avoir à mes côtés mon nouvel ami Rajan, le propriétaire de ma compagnie de trek locale.

Savoureux momos

Il y a toutefois des choses qui me ramènent à des besoins encore plus pressants, comme mon ventre me rappelant, par des grondements caverneux, qu’il est l’heure du lunch. Je ne mangerai cependant pas trop, car Rajan m’a invité à souper à sa demeure et je compte profiter de chaque plat! J’opte donc pour mon péché mignon népalais, les momos, des raviolis bouillis ou frits, fourrés de viande (yak, buffle ou porc), de légumes (chou, oignon, pomme de terre) ainsi que d’herbes, de condiments et d’épices (ail, gingembre, coriandre), et souvent accompagnés d’une sauce aux piments forts. Pour adoucir la finale, je savoure un kheer, proche cousin du pouding au riz, parfumé et garni de cardamome, raisins secs, safran, noix de cajou, pistaches et amandes.

Momos népalais

Recette de momos népalais.

Repu, je m’écrase à l’ombre d’un des nombreux temples à toits multiples de la place Durbar, au cœur de la ville, armé d’un livre et d’un sac à dos bien bourré qui fera office d’oreiller. Malgré la cacophonie, gracieuseté des touristes et pigeons, ainsi que les sollicitations trop fréquentes de vendeurs ambulants de « baumes magiques », je réussis à roupiller. Au réveil, je jette un œil à ma montre ; zut, je vais être en retard chez Rajan!

Je passe en coup de vent à l’hôtel pour me débarbouiller et mettre mes plus beaux habits ou, en toute franchise, les vêtements les moins sales de mon gros baluchon, car vous aurez vite compris que je ne traîne pas un smoking pour un voyage de trek dans l’Himalaya. J’arrive essoufflé aux bureaux de mon ami. Il est au poste, casques de moto à la main. Au diable la mise en pli, filons sur cette bécane d’une autre époque en zigzaguant dans les rues jusqu’au quartier de Galkopakha. Nous nous arrêtons à la pénombre devant un bloc grisâtre de trois étages. Un chien dort paisiblement à côté de la grille du pas d’entrée qui mène à un long corridor sombre peint d’un vert fade. La grimpette des escaliers n’est rien comparativement aux montagnes de l’Annapurna ; reste que ma lampe frontale m’aurait été fort utile pour ne pas faire de faux pas.

Nous arrivons devant une porte en bois qui s’ouvre lentement sur un appartement. Encore là, de longs corridors s’enfilent jusqu’à une cuisinette. La pièce, exigüe, contient cependant tout l’essentiel pour les repas. Sur les murs ocre sont appuyés un buffet et des armoires ouverts, rudimentaires et bringuebalants où grandes assiettes, chaudrons bosselés, ustensiles divers et verres métalliques sont disposés avec soin. Des odeurs enivrantes émanent d’une casserole qui crépite sur un feu. La femme de Rajan, Shanta, joliment vêtue, met la touche finale à cette bouffe conviviale.

Un repas typique

Nous nous assoyons par terre, chacun sur une natte en paille. Par politesse, mes hôtes m’offrent une cuillère, mais je préfère manger comme les Népalais, soit avec ma main droite. De petits bols sont disposés sur un large cabaret argenté déposé à mes pieds. Cet assortiment constitue le repas usuel du pays, nommé le dal bhat, alors que couleurs et saveurs meublent les plats.


Riz blanc, viande de chèvre sur l’os en sauce, soupe aux lentilles, curry de pommes de terre, chhukauni, un mélange de patates bouillies avec crème et oignons frais, épinards, salade de concombres et de radis, marinades de tomates et de till, sorte de graines oléagineuses, papadam et galette de haricots frite combleront l’appétit du plus glouton des ogres. Oui, les influences indiennes se font bien sentir, au propre comme au figuré.


Ma technique pour manger avec les mains n’est certes pas au point... Je suis donc bien content qu’une pause soit prévue pour permettre aux convives une petite visite au lavabo, où je me rince à grande eau les doigts et même les bras! Je dois toutefois faire gaffe de ne pas me cogner la tête sur l’une de ces poutres basses qui soutiennent péniblement le plafond. Je peux maintenant m’attaquer au dessert, une mixture de pommes et de bananes arrosée d’une crème liquide ressemblant à du yogourt. Je suis complètement rassasié, mes commensaux auraient voulu m’offrir une menthe que je n’aurais su où lui trouver une place dans mon estomac! Il ne me reste plus qu’à rouler jusqu’à mon hôtel pour la nuit...


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