À chacun son fermier

Où en est-on avec nos fameux paniers bio?

À chacun son fermier
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par foodlavie Mis à jour le 1 févr 2019

Véritable "success story" québécois, le programme d'agriculture soutenu par la communauté a bien changé au fil des ans; livraison de viande, paniers d'hiver, livraison sur les lieux de travail. Alors que la première édition rassemblait 7 fermes et 250 familles, elle regroupe, quinze ans plus tard, 101 fermes et 10 500 familles. Mais pour assurer son avenir, il doit maintenant passer à une nouvelle étape.

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Si la production agricole repose sur un équilibre économique fragile, c’est encore plus vrai en ce qui a trait à la production biologique. C’est pour assurer la pérennité de cette agriculture qu’Équiterre lançait en 1996 le programme d’agriculture soutenu par la communauté (ASC), communément appelé les « paniers bio ». « Ça représente 75 % de mes revenus. C’est grâce à ce programme si je peux vivre de ma production », déclare Frédéric Duhamel, fermier de Frelishburg et père de quatre enfants, et qui distribue des paniers à 300 familles « partenaires ».

Rabioles aux oignons et pancetta

Consultez la recette de rabioles aux oignons et pancetta

Le succès de l’ASC est indéniable. Alors que la première édition rassemblait 7 fermes et 250 familles, elle regroupe, quinze ans plus tard, 101 fermes et 10 500 familles. Grâce à une interface web, Équiterre les met en contact, en fonction des points de livraison de chaque ferme. Les partenaires paient un montant annuel pour recevoir, chaque semaine, un panier de légumes bio. Ceux-ci, qui parfois contiennent en plus des fruits ou même des œufs, sont généralement prévus pour deux ou quatre personnes. Les partenaires ramassent des paniers à un point de chute situé près de leur résidence ou de leur travail. « L’un des objectifs, souligne Josée Gauthier, agente d’information d’Équiterre, est de recréer le lien perdu entre les producteurs et les particuliers. On est comme une agence de rencontre, finalement ! » Et les consommateurs profitent aussi d’un gain financier. « Étant donné qu’on coupe les intermédiaires, les prix sont avantageux », explique Josée Gauthier.


Qu’est-ce que je fais avec mes panais?

Comme plusieurs partenaires reçoivent des produits qu’ils n’ont jamais apprêtés, Equiterre a créé un guide de recettes en ligne. De nombreuses personnalités du milieu culinaire y ont contribué, dont les chefs Jean Soulard, Anne Desjardins et l’animateur et comédien Christian Bégin.


Mère de famille habitant le quartier Villeray à Montréal, Marie Brodeur-Gélinas est partenaire de l’ASC depuis plus de 10 ans. « Pour moi, c’est un geste de solidarité envers ces fermiers », affirme-t-elle. Mais ce n’est que l’une de ses motivations. « Je voulais revenir à une alimentation basée sur les saisons. Ça n’a pas vraiment de bon sens de manger des asperges en hiver et des clémentines en plein été. Quand on reçoit notre panier bio, nous sommes contents à l’automne de retrouver nos panais, pour faire nos veloutés. Et on a hâte à l’été pour les poivrons. » De plus, il y a bien entendu les considérations environnementales. « On parle le plus souvent de l’énergie, mais l’agriculture industrielle est une grande source de pollution », mentionne Marie Brodeur-Gélinas. Une chose est certaine, son rapport aux aliments et à la cuisine a changé. Car les partenaires ne savent jamais ce qu’ils auront dans leur panier, c’est une surprise.

« Je cuisine beaucoup plus depuis que j’ai des paniers bio, dit-elle. Mais la beauté de la chose, c’est que j’ai appris à apprêter et à aimer plein d’aliments que je ne connaissais pas. »

Pour certaines personnes toutefois, ce système comporte des contraintes importantes. Les fermiers l’ont compris et les formules se sont affinées avec les années : certaines fermes permettent d’échanger des aliments qui plaisent moins, d’autres offrent l’option de livraison aux deux semaines, ou la possibilité de se désabonner pendant les vacances.

Et puis l’offre s’est élargie. Il y a 10 ans, Équiterre a instauré la livraison de viande biologique dans le système. Les paniers d’hiver ont aussi fait leur apparition, couvrant la période de novembre à février. L’organisme a développé le milieu corporatif et institutionnel. Les employés d’une cinquantaine d’entreprises comme Pratt & Whitney, Ubisoft, Air Transat, Fido et Cascades peuvent désormais, chaque semaine, prendre simplement livraison de leur panier sur leur lieu de travail.


FERMIER DE FAMILLE

Comme l’un des objectifs est de créer un lien avec la population, les agriculteurs sont encouragés à donner des nouvelles de la ferme. Ils envoient donc par courriel de petits bulletins d’informations : un veau est né, les tomates sont en avance cette année, etc. On y trouve aussi des fiches nutritives et des fiches recettes. Chaque année, la majorité des fermes organisent aussi des journées portes ouvertes pour leurs partenaires. « J’y suis allée avec mon fils de trois ans et c’est l’un de mes plus beaux souvenirs de famille, confie Marie Brodeur-Gélinas. Il faut dire qu’ils avaient mis le paquet : il y avait de grandes tables pour manger sous les arbres, on a pu faire un tour dans les carrioles qu’ils avaient décorées. Mon fils a approché des vaches, des moutons. »


Malgré tout, force est de constater que le réseau stagne depuis 2009. Cette année, Équiterre innovera donc avec deux nouvelles initiatives. Avec les épiceries Metro, elle compte offrir des points de chute dans les stationnements des épiceries. Les clients pourront donc faire d’une pierre deux coups. Un premier test a eu lieu l’an dernier dans trois villes et les résultats se sont avérés prometteurs. « Cette initiative fait partie de notre responsabilité sociale, explique Marie-Claude Bacon, directrice principale, Service des affaires corporatives de Metro. Cela s’inscrit dans notre engagement envers l’agriculture biologique de proximité, en laquelle nous croyons. » Et la concurrence ? « Nous voyons simplement comme un service complémentaire au nôtre. » Pour 2013, Metro se donne comme objectif d’instaurer 15 points de chute.

Lasagne de légumes

Consultez la recette de lasagne de légumes

Par ailleurs, on créera des points de chute dans les stationnements incitatifs de quatre trains de banlieue de la grande région métropolitaine, grâce à une collaboration avec l’agence Métropolitaine de transport : Sainte-Catherine, Vaudreuil, St-Hillaire et Candiac. « C’est pratique, car ça n’exige aucun détour pour les gens, c’est sur le chemin qu’ils empruntent déjà », dit Josée Gauthier. Dans les années à venir, Équiterre entend poursuivre sur cette lancée. « Nous voulons continuer à élargir la portée de ce programme, dit Alexandre Bancarel, Chargé de projet agriculture soutenue par la communauté. Il a été prouvé que, comme elle est moins mécanisée, l’agriculture biologique permet d’embaucher plus de gens. Alors non seulement on préserve l’environnement, mais on contribue à l’économie et à la vitalité des régions. »

Sophie Lachapelle


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